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Pénalités en compétition de planeur

Explications sur les pénalités applicables en compétition de planeur virtuel à partir d’un exemple.

Cliquer sur les liens soulignés pour accéder aux éléments à consulter.

L’article est une information sur les pénalités en compétition de planeur virtuel. Il permet de comprendre le bien-fondé de certaines règles, les précautions à prendre pour préparer une compétition et comment appliquer les pénalités avec discernement.

Afin d’être concret, nous utiliserons l’épreuve du 07/08/2022 d’une compétition qui s’est tenue à Issoire – Le Broc : Compétition mixte planeurs réels et virtuels

Le 1er chapitre, contient les principaux éléments nécessaires à la compréhension des analyses qui vont suivre.

Journée du 07/08/2022

Il s’agit d’un extrait, les détails manquants devraient figurer dans l’article évoqué précédemment : Compétition mixte planeurs réels et virtuels

Site de la compétition

Sur le site de la compétition, les pilotes ont à leur disposition plusieurs informations, dont : la réglementation aérienne, les points de virage susceptibles d’être utilisés par leur calculateur de vol, un Self Briefing…

Le Self Briefing regroupe les informations importantes fournies préalablement aux pilotes.

Informations de la journée

Extrait du briefing du matin

… départ REGATE…
Altitude maxi pour franchir le start : 1500 m QNH
Vitesse maxi de franchissement du start : 170 km/h vitesse INDIQUEE au badin
Altitude mini pour franchir l’arrivée : 1500 m QNH

Le circuit est disponible sur le site en cours de matinée

avec des détails et la prévision météo

Résultats de l’épreuve

Statistiques SeeYou

Analyse de la vitesse d’ascension moyenne en spirale

  • 0,9 à 1,3 m/s pour tous les pilotes

En spirale, aucune différence entre les pilotes réels et les e-compétiteurs : moyenne 1,1 m/s

Pénalités

Pour cette compétition, aucune pénalité n’a été appliquée. C’était avant tout une expérimentation en direct pour le public, dans le cadre d’une fête aérienne et non pas un système de qualification.

Le Self Briefing évoque le système de pénalités de manière trop parcellaire, une raison supplémentaire pour ne pas l’appliquer.

A titre d’exercice nous allons examiner quelques éléments qui auraient donné lieu à des pénalités dans une compétition officielle.

Eléments du Self Briefing

Les diapositives qui évoquent les règles et les pénalités dans le Self Briefing sont les numéros 9, 10, 11 et 15. Elles sont présentées ci-après.

Règlement sportif

Voici la diapositive n° 9

Le lien de cette diapositive, http://sgp.aero/docs/SGP-Rules-v11.pdf aboutit à un document en anglais. Les pénalités sont dans le chapitre 8.7

Voici une traduction de ce chapitre, mis en forme et adapté au vol virtuel.

Pénalités départ

La diapositive n° 10 du Self Briefing précise clairement les règles et les pénalités

Quelques remarques

  • Avant le départ spiraler exclusivement à gauche est une consigne appliquées dans nos vols en réseau. Cela évite des collisions, car peu de pilotes sont équipés d’un Trackir ou en VR.
    • La règle officielle est de spiraler exclusivement à gauche dans les cinq dernières minutes qui précèdent l’ouverture de porte.
  • Pour franchir la ligne, la vitesse maximale sol est de 170 km/h. Dans le passé, certains pilotes avaient compris qu’il suffisait de prendre beaucoup de hauteur, plonger limite VNE vers la ligne de départ et ressourcer pour gagner 100 à 200 m sur l’altitude limite fixée. Cette pratique étant beaucoup trop dangereuse, la règle des 170 km/h l’a fait disparaitre.
    • Dans le Briefing, une demande de certains pilotes a modifié la règle en vitesse badin, ce qui la rend inapplicable.

Situation avant le départ

Une image prise à 30 secondes de l’ouverture de la porte montre que le planeur 269 est situé assez loin du mauvais côté de la ligne de départ.

30 secondes avant l’ouverture de la porte : extrait vidéo

Une image prise 1 seconde avant l’ouverture de la porte montre que le planeur 269 est toujours du mauvais côté de la ligne de départ.

1 seconde avant l’ouverture de la porte : extrait vidéo

Avant le départ, le pilote du planeur 269 est donc du mauvais côté de la ligne durant toute la dernière minute. Dans ce cas, la pénalité appliquée est dans le règlement général

  • Time spent outside the Extended Start Area during the final 1 minute before the Start Line is open = Time x 2
  • Traduit en Français : Temps passé à l’extérieur de la zone de départ étendue pendant la dernière minute avant l’ouverture de la ligne de départ = Temps x 2
  • Lors d’une compétition officielle, la pénalité serait de 2 minutes. Son temps d’épreuve passerait à 01:39:16 qui le classerait en 3e position.

En étant particulièrement sévère, mais les circonstances expliquées dans l’article de la compétition ne l’exigent pas, le pilote du planeur 269 serait disqualifié pour la journée. Voici la règle

  • Maneuvering in opposite direction or perpendicular to track of pilots attempting to cross the start line => Day disqualification
  • Traduit en Français : Manœuvre en sens inverse ou perpendiculaire à la trajectoire des pilotes tentant de franchir la ligne de départ => disqualification pour la journée

Cette règle a pour objectif d’éviter les manœuvres dangereuses.

Situation au départ

Données SeeYou

Le temps en secondes correspond au temps écoulé, depuis l’ouverture de porte, lorsque le pilote franchit la ligne de départ.

Franchissement de la ligne de départ, le principe de pénalité est le suivant : une tolérance de 5 m est accordée, mais au-delà, 2 secondes de pénalité s’appliquent par mètre supplémentaire.

La limite fixée préalablement est 1500 m

  • Pour Antoine, qui franchit la ligne de départ à 1516 m, la pénalité serait de 16 – 5 = 11 m, soit 11 x 2 = 22 secondes.
    • Son temps d’épreuve passerait à 11:39:39, sans impact sur le classement.
  • Dans le cas de Pascal, qui franchit la ligne de départ à 1633 m, la pénalité serait de 133 – 5 = 128 m, soit 128 x 2 = 256 secondes (4 mn 16 s)
    • Son temps d’épreuve passerait à 01:56:05, sans impact sur le classement.

Pénalités aux points de virage

La diapositive n° 11 du Self Briefing est assez claire.

Tous les pilotes ont validé leur passage dans la zone verte, donc aucune pénalité.

Pénalités arrivée

L’altitude minimale de l’arrivée est fixée à 1500 m QNH

Données SeeYou

Une pénalité en temps s’applique lorsque l’arrivée est franchie en dessous de l’altitude mini fixée préalablement. Voici ce qui était prévu lors de la compétition eSport FFVP de décembre 2021.

Cette pénalité correspond au temps nécessaire pour atteindre l’altitude fixée préalablement, avant de franchir la ligne. La pénalité correspondrait à une vitesse ascensionnelle moyenne de 0,5 m/s. Quand les ascendances sont à 1,1 m/s, voire plus, il est préférable d’éviter d’être pénalisé. En l’absence d’ascendance il n’y a plus de choix.

Calcul à partir des altitudes d’arrivée

  • Michel est arrivé à 1401 m, donc 99 m trop bas.
    • Il se verrait attribuer une pénalité correspondant à 99 – 5 = 94 m
    • soit 2 x 94 = 188 secondes (3 mn 8 s)
    • Son temps d’épreuve passerait à 1:39:09, il serait alors classé 3e.
  • Donat-Pierre est arrivé à 1497 m, donc 3 m trop bas
    • Il bénéficie de la tolérance de 5 mètres, il serait alors classé 1er.

Calcul à partir des courbes d’altitude

Coubes SeeYou d’altitude à l’arrivée. En rouge celle de Donat-Pierre Luigi, l’autre celle de Michel Bernard

Michel et Donat-Pierre sont trop bas pour arriver à 1500 m, tous les deux ont “ressourcé” pour transformer leur énergie cinétique en énergie potentielle.

  • Michel arrive près de la ligne à 167 km/h avec une altitude de 1400 m. Il tire un peu tard sur le manche, la ligne est franchie à 1401 m. S’il avait anticipé de 5 secondes il aurait pu la franchir à 1496 m.
  • Donat-Pierre arrive près de la ligne à 174 km/h, à la même altitude que Michel, soit 1400 m. Il tire sur le manche au bon moment, la ligne est franchie à 1497 m, le maximum possible.

Pour les pénalités il faudrait refaire les calculs avec une altitude de 1400 m

Respect de la réglementation aérienne

Voici le contenu de la diapositive n° 15

Comme la course s’effectue le dimanche, la zone au sud, 592 Cantal n’est pas active.

Il n’y a pas eu de manquement au respect des zones réglementées pour cette épreuve.

Respect des règles de sécurité

Dans la dernière ligne, il est demandé aux e-compétiteurs, d’appliquer les mêmes règles de sécurité qu’impose le vol réel.

Un pilote qui utilise un simulateur de vol pour s’entrainer, doit se comporter comme dans la réalité, sans mettre en danger sa vie, ni celle des autres et même l’intégrité de son planeur.

Au cours d’un circuit, il doit veiller à rester en local d’un aérodrome ou d’un champ vachable, dont il aura vérifié au préalable les conditions pour s’y poser.

Il existe un excellent outil VerifLocal disponible à l’adresse suivante : CondorUTill : Condor Utilities

Voici l’analyse réalisée en finesse 20, reçue de Georges Lecoeur et le commentaire associé

Sur l’épreuve 2 les traces sont différentes, sur la première branche les réels sont passés plus à l’Est que les virtuels. Moins d’écart en réel et un peu plus en virtuel.

S’agissant d’une compétition multi classes, il faudrait refaire l’analyse en finesse 25 pour les planeurs performants (Ventus, Diana2…). Ensuite analyser la situation dans les zones repérées en rouge pour vérifier s’il y a lieu d’appliquer ou non une pénalité. Faut-il avoir au préalable défini cette pénalité !

Bons vols avec Condor 2


Planeurs Virtuels 63